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Les mots au coin des lèvres

L'écriture et l'amour procèdent de la même tension, de la même joie, de la même perdition.

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Mardi (09/11/04)

Bye Bye Blondie

"Elle était convaincue, d'expérience, qu'à chaque fois qu'elle s'approcherait trop près du bord, elle saurait faire pirouette arrière. Seulement, cette fois, elle ne contrôle plus rien. Sans les mains. Tous les warnings clignotent en vain et elle sent les gens s'inquiéter, s'éloigner au fur et à mesure"

"Elle remonte l'avenue à grandes enjambées, sous la plui qui se prends pour une douche, la pluie qui lui coule le long du dos et lui tape sur le crâne comme si même elle s'y mettait pour lui faire entendre raison."

"Partout les parcours jonchés des mêmes enseignes que dans n'importe quelle autre ville d'Europe : Footlocker, pimkie, Morgan, Levis, Von Dutch. Des vitrines moches, trop éclairées, et jamais mal foutues ou de travers, jamais rien de surprenant"

"La pluie glisse le long de son dos, dégouline, glaciale, jusqu'à la ceinture de son jeans. Elle sanglote en marchant, sans chercher à se faire plus discrète. Tant pis pour les gens qui la croisent et lui jettent un regard compatissant, méprisant, inquiet ou désapprobateur..."

"De toutes façons, depuis quelques temps que ça va mal et qu'elle pleure souvent en ville, elle a cru remarquer que les gens adoraient ça. Ils viennent tout de suite parler, discuter, consoler..."

°°°

"Bye bye Blondie"

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, à 21:04 dans la rubrique "Littérature".

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Mercredi (01/09/04)

Fringues

Des fringues : des apprêts, des atours, des atouts, un étourdissement d'étoffes et d'artifices où les hommes se prennent, s'ébahissent, s'enthousiasment... Pour Darling, la vie ne serait pas, n'est pas vécue sans la robe qu'il faut, le jupon et le décolleté, l'escarpin et l'étole. Et les centaines de vêtements portés une fois recèlent sa mémoire, son identité, ses rêves. Jusqu'au jour où Darling, frivole jusqu'à l'inconscience, parviendra à se faire cet aveu : "Je veux dormir sans chemise, sans nuisette, sans pyjama, sans culotte, sans tricot, nue, nue dans ses bras. La romancière de J'étais l'origine du monde nous entraîne dans une véritable psychanalyse, romanesque et souriante, du vêtement et de la fashion victim

°°°

Darling est une dingue de fringues. Une fille qui s'amuse à assortir les hommes à ses robes, une « serial shoppeuse » effrénée. Sa vie est dans ses placards, ses fringues sont sa famille, ses complices, sa philosophie. Darling est adorable et exaspérante, une fille unique en son genre, ou presque. Christine Orban connaît les milieux de la mode, le monde et la ville comme personne. Sa vision de cet univers fermé, de ses codes, de ses clans, est irrésistible.

°°°

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, à 16:57 dans la rubrique "Littérature".

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Mardi (03/08/04)

Roman : Elizabeth Costello

"Elizabeth Costelle" par J.M.Coetzee

Elle est australienne. Elle a la soixantaine bien sonnée. Adulée et reconnue, Elizabeth Costello n'a plus rien à prouver. Mais elle adore encore sillonner la planète, à l'invitation d'une université, souvent accompagnée d'une remise de prix. Autant d'occasions saisies pour prononcer une conférence, amuser ou provoquer ses auditoires par des propos non conformistes, voire déroutants.

D'emblée, on comprend que l'auteur, pris Nobel de littérature 2003, avance ici à peine masqué. Sous le couvert de cette vieille dame politiquement incorrecte, l'écrivain vide son sac. Il est moins question de politique dans ces pages que de conformisme avec le sens de la littérature, la difficile recherche d'une plénitude, la peur de mourir. Un peu à la manière d'un roman philosophique, le livre brasse l'essentiel des soucis d'un intellectuel d'aujourd'hui.

Il faut s'accrocher, mais la rencontre avec Elizabeth Costelle est des plus enrichissantes...

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, à 15:04 dans la rubrique "Littérature" - Mise à jour : Vendredi 13 Août 2004, 14:42.

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Vendredi (30/07/04)

Quelques mots dans une bouteille

Une lettre, trouvée dans une bouteille sur les côtes américaines. Une femme, qui tombe amoureuse de l'homme qui écrit ces lettres à sa femme décédée. Un homme qui ne vit que tourné vers le passé, hanté par le souvenir de celle qu'il a tant aimée et un voilier qui réunira ces deux personnes que tout sépare. Mais Thérésa osera-t-elle avouer à Garrett qu'elle s'intéresse à lui parce qu'elle a trouvé une de ses lettres, jetées à la mer en souvenir de sa femme? Garrett est-il prêt à aimer à nouveau, à se tourner vers le futur?

Nicholas Sparks - Une bouteille à la mer ( page 308 )

Chère Thérésa,

Peux-tu me pardonner?
Dans ce monde que j'ai tant de mal à saisir, les vents de la destinée soufflent quand on les attend le moins. Par moments, ils ont la furie d'un ouragan, à d'autres, à peine sent-on leur caresse sur la joue. Mais on ne peut nier leur existence quand ils vous poussent, comme ce la arrive souvent, vers un avenir impossible à ignorer. Toi, ma chérie, tu as été ce vent que je n'avais pas prévu, ce vent qui a soufflé plus fort que tout ce que je pouvais imaginer. Tu es ma destinée.
J'ai eu tort, tellement tort de vouloir ignorer ce que était évident, et j'implore ton pardon. Comme un voyageur prident, j'ai cherché à me protéger du vent et c'est mon ame que j'ai perdue. J'étais fou de vouloir tourner le dos à mon destin, mais les fous ont aussi un coeur, et je me suis aperçu que tu es ce qui compte le plus au monde pour moi.
Je sais que je ne suis pas parfait. J'ai commis plus d'erreurs ces derniers mois que d'autres n'en commettent dans toute une vie. J'ai eu tort de réagir ainsi en découvrant les lettres, comme j'avais tort de cacher ce que j'éprouvais vis-à-vis de mon passé. Quand je t'ai poursuivie dans la rue, quand je t'ai regardée quitter l'aéroport, j'ai su que j'aurais dû tout faire pour te retenir. Mais surtout, j'avais tort de me cacher ce qui était si évident à mon coeur : Je ne peux plus vivre sans toi.
Tu avais raison en tout. Quand nous étions assis dans la cuisine, j'essayais de nier ce que tu disais, alors que je savais que c'était la vérité. Comme un homme qui traverse le pays en regardant seulement en arrière, j'ai ignoré ce qui se trouvait devant moi. J'ai manqué la beauté du soleil qui se lève, l'émerveillement qui rend la vie digne d'être vécue. J'ai eu tort de le faire, ma vision était faussée, et je regrette de ne pas l'avoir découvert plus tôt.
A présent, le regard tourné vers l'avenir, je vois ton visage et j'entends ta voix, certains qu'ils indiquent le chemin que je dois suivre. Je souhaite de tout mon coeur que tu me donnes une seconde chance
(...)
Dans les jours qui ont suivi ton départ, j'ai voulu me persuader que je pourrai reprendre ma vie comme avant. Mais c'était impossible. Chaque fois que je voyais le soleil se coucher, je pensais à toi, chaque fois que je passais devant le téléphone, je mourrai d'envie de t'appeler. Et quand je suis sorti en voilier, je n'ai pu penser qu'à toi et aux merveilleux moments que nous avions partagés. Je voulais que tu me revienne, plus que je ne l'aurai cru possible
(...)

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, à 16:20 dans la rubrique "Littérature" - Mise à jour : Vendredi 13 Août 2004, 14:31.

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Mercredi (21/07/04)

Une bouteille à la mer

Une bouteille à la mer -  C’est le livre que j’ai commencé hier après midi, et continué hier soir, lovée au fond des draps, avec comme seule lumière une petite lampe de poche. Je ne suis pas encore très loin, même pas à la moitié si je me souviens bien, mais déjà c’est comme si l’ambiance, les sentiments et la beauté du livre avaient un impact sur moi. C’est ça, l’amour véritable. Une femme qui ne connaît d’un homme que les quelques lettres, enfermées dans des bouteilles, qu’il a envoyée à sa femme décédée, laissé naviguer au gré des vagues, et qui décide néanmoins d’aller le retrouver, quitte à être déçue, quitte à ce qu’il ne ressemble en rien à l’idée qu’elle s’en était faite. Une femme capable de faire des centaines de kilomètres juste dans l’espoir de trouver l’amour. J’aimerai être capable de faire ça, de tout quitter, de tout laisser derrière moi par amour, de partir à l’aventure sans savoir à quoi m’attendre à l’arrivée, juste parce que je sens que peut-être, ça pourrait changer ma vie. J’aimerais oser préparer quelques affaires indispensables, les jeter pêle-mêle dans un sac et courir jusqu’à l’aéroport sans regarder derrière moi. Mais je suppose que je n’aurais jamais l’audace ne serait-ce que de penser à me lancer dans pareille aventure. J’aime la tranquillité de ma vie et, même si parfois je rêve d’un peu plus d’imprévus, d’un peu plus de piment, je dois avouer aussi que l’aventure me fait peur. Les plus grands frissons de ma vie datent de l'année dernière, lorsque qu'enfin, après des années de doutes et de tergiversations, j'ai osé faire un tour de montagnes russes. Mon Dieu, j'ai vraiment cru que j'allais faire pipi dans ma culotte. Tous ces tournants, toutes ces bousculades. Enfin, rien de bien glorieux comparé aux aventures de ce cher Indiana Jones, vous en conviendrez. 

BubbleGum 

Ecrit par BubbleGum, à 20:03 dans la rubrique "Littérature" - Mise à jour : Vendredi 13 Août 2004, 13:43.

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Kirsten Dunst

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