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Les mots au coin des lèvres

L'écriture et l'amour procèdent de la même tension, de la même joie, de la même perdition.

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Vendredi (19/11/04)

Concours de nouvelles

Et les heureux participants sont ;

Jean-Jacques
Kyra
Briget
Tilt
Funambule
Buffle
Silencieuse

Le jury sera composé de Mr Songe, de Mlle Vendredi (dont je n'ai pas de nouvelles encore mais dont je me porte garante) et de moi-même.

Les nouvelles seront également publiées une à une sur ce blog, afin de laisser aux lecteurs le loisir de les lire et de donner leur avis. Avis que nous prendrons naturellement en compte lors du vote final.

Un vote des participants pour les participants sera également organisé. Chaque participant votera donc pour la nouvelle qu'il aura préféré, avec interdiction, bien sûr, de voter pour son propre texte.

Les nouvelles sont à m'envoyer par e-mail à l'adresse suivante :
bubblegum@webpratic.zzn.com
Le plus vite possible, et au plus tard pour le 15 décembre

En ce qui conceerne les règles, maintenant. Nous avons voulu éviter le coup classique des époques, nombre de personnages, longueur, etc... et décidé, plutôt, de publier un texte de chanson, et de vous demander de 'pondre' un tete ayant rapport avec cette chanson, de près ou de loin, mais pas de trop loin tout de même

Aucune restriction quant à la longueur du texte, au nombre de personnages, au niveau de langue employé ou à la structure du texte.

La chanson :

La groupie du pianiste de Michel Berger 

Elle passe ses nuits sans dormir
À gâcher son bel avenir
La groupie du pianiste
Dieu que cette fille a l'air triste
Amoureuse d'un égoïste
La groupie du pianiste
Elle fout toute sa vie en l'air
Et toute sa vie c'est pas grand chose
Qu'est-ce qu'elle aurait bien pu faire
À part rêver seule dans son lit
Le soir entre ses draps roses

Elle passe sa vie à l'attendre
Pour un mot pour un geste tendre
La groupie du pianiste
Devant l'hôtel dans les coulisses
Elle rêve de la vie d'artiste
La groupie du pianiste
Elle le suivrait jusqu'en enfer
Et même l'enfer c'est pas grand chose
À côté d'être seule sur terre
Et elle y pense dans son lit
Le soir entre ses draps roses
Elle l'aime, elle l'adore
Plus que tout elle l'aime
C'est beau comme elle l'aime
Elle l'aime, elle l'adore
C'est fou comme elle aime
C'est beau comme elle l'aime

Il a des droits sur son sourire
Elle a des droits sur ses désirs
La groupie du pianiste
Elle sait rester là sans rien dire
Pendant que lui joue ses délires
La groupie du pianiste
Quand le concert est terminé
Elle met ses mains sur le clavier
En rêvant qu'il va l'emmener
Passer le reste de sa vie
Tout simplement à l'écouter

Elle sait comprendre sa musique
Elle sait oublier qu'elle existe
La groupie du pianiste
Mais Dieu que cette fille prend des risques
Amoureuse d'un égoïste
La groupie du pianiste

Elle fout toute sa vie en l'air
Et toute sa vie c'est pas grand chose
Qu'est-ce qu'elle aurait bien pu faire
À part rêver seule dans son lit
Le soir entre ses draps roses

Elle l'aime, elle l'adore
Plus que tout elle l'aime
C'est beau comme elle l'aime
Elle l'aime, elle l'adore
C'est fou comme elle aime
C'est beau comme elle l'aime

La groupie du pianiste?

Voilà pour les règles. A vous de jouer maintenant.
Et encore merci à tous de participer

PS : Une petite parenthèse pour rappeler à tous ceux qui l'auraient oublié, où pour prévenir ceux qui ne seraient pas encore au courant, n'oubliez pas le combat de Briget, un combat très noble pour défendre une belle idée. Nous comptons tous sur vous
C'est par là ; http://www.joueb.com/brigetjones30

Bisous à tous

Bubblegum 


Ecrit par BubbleGum, à 16:06 dans la rubrique "Nouvelles".

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Mardi (16/11/04)

Je me demandais...

Un concours de nouvelles, ça vous dirait?

Je crée un jury avec quelques autres bloggeurs, on choisit un sujet, et à vous de jouer

Ce qu'il y a à gagner? La gloire, pardi

Bubblegum

PS : Toutes les propositions, conseils ou autres sont les bienvenus

Pour les inscriptions au concours, ou au jury, laissez un commentaire

Ecrit par BubbleGum, à 21:06 dans la rubrique "Nouvelles".

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Lundi (15/11/04)

Nouv 5 : Un accent d'éternité

Un accent d'éternité

Il était presque minuit. J'avais oublié de prendre un pull et, dans la fraîcheur des soirées d'automne, je serrais mes bras contre mon corps pour me réchauffer. Il avait presque une heure de retard et ne répondait à aucun de mes appels. Bizarrement pourtant, ce n'était pas la colère qui m'envahissait à ce moment là, mais plutôt la peur. Et si il lui était arrivé quelque chose? Et si il avait eu un accident alors qu'il venait me chercher? Je ne m'en remettrais jamais.

Toute à mes reflexions morbides, je n'ai même pas vu sa voiture passer et s'arrêter devant moi. Ce n'est qu'après avoir entendu le bruit familier du klaxon de sa vieille MG grise que j'ai enfin relevé la tête, alors qu'une larme coulait encore sur mes joues, vestige de mes pensées à peine envolées. Le sourire qui illuminait mon visage en le voyant est, je le pense, le plus heureux qu'il ait pu voir de toute sa vie. Personne, en effet, n'a pu être plus heureux que moi à cet instant précis, lorsque j'ai vu qu'il était là, sain et sauf, plus beau que jamais et un gros bouquet de roses à la main.

Il est sorti de la voiture et je me suis jetée dans ses bras. Des embouteillages sur l'autoroute, il avait oublié son portable et était passé m'acheter des fleurs pour se racheter. Devant les traces de larmes sur mes joues, il est resté sans voix, ne s'attendant sans doutes pas à ce que j'ai peur à ce point pour lui. Puis, une étincelle dans ses yeux, quand il m'a murmuré dans un sourire que ces larmes étaient les plus belles preuves d'amour que je pouvais lui faire. Il m'a serrée dans ses bras, et je suis montée dans la voiture. Je ne m'habituerai jamais à ces voitures anglaises, avec leur volant du mauvais côté, il faut toujours que je fasse le tour, avant de me rendre compte que c'est le mauvais côté, et de le voir rire aux éclats.

On est rentrés chez lui, dans ce nouvel appartement qu'il voulait qu'on décore ensemble. Encore faut-il que tu aies bon goût, avait-il ajouté en riant. Du goût, j'en avais, mais de toutes façons, il ne nous fallait rien de plus qu'un chambre; un petit nid douillet où rattraper tout ce temps perdu avant notre rencontre. Tous ces pays, ces aventures, ces amours à distance. J'ai toujours cru que c'était sa, ma vie, mais aujourd'hui, pour la première fois, alors qu'il était concentré sur la route, je l'ai regardé en étant certaine que toute ma vie, c'était avec lui que je voulais la passer

Les vêtements ont glissés par terre à peine la porte d'entrée refermée, et ses baisers m'ont fait oublier cette attente sous la pluie et tous mes doutes sur lui, sur moi et sur notre vie. Jamais nuit ne me parut plus douce que celle-là et le lendemain matin, alors qu'il était encore profondément endomi, je me surpris à le regarder sourire aux anges, à caresser sa joue du dos de la main en attendant qu'il se réveille.

J'ai appelé mes parents, mais ils ne répondaient pas. Sur le répondeur, j'ai simplement dit que tout allait bien, qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que j'étais amoureuse, et ce mot à résonné une éternité durant dans mon coeur.

Debout devant la fenêtre, les rues de Londres ne m'avaient jamais parues aussi belles, le ciel aussi bleu, et mon prénom, lorsqu'il l'a prononcé, avait des accents d'éternité

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, à 18:52 dans la rubrique "Nouvelles".

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Mercredi (01/09/04)

Nouv 4 : Juste une nuit d'été

Une nuit propice au désir

Allongée dans l’herbe, elle regarde les étoiles. Seuls les bruits des voitures qui passent non loin viennent troubler le doux silence de la nuit. Elle ferme les yeux quelques minutes, couchée sur le dos, et s’imprègne de l’obscurité ambiante, du calme et de la douce moiteur de la nuit. Ce soir, ce n’est pas la pleine lune mais pourtant, il lui semblerait presque entendre le puissant cri d’un loup-garou au loin. Ou alors peut être est ce que c’est elle qui a crié. Un long cri de joie, comme ça, sans aucune raison apparente. Juste parce que la nuit est douce, qu'elle est seule avec ses quelques clopes dans le jardin, et qu'elle se sens bien…

Birds in the sky
You know how I feel…

Tout le monde dort. Toute la ville n’est qu’une succession de volets fermés, de sommeils profonds et de rêves merveilleux. Dans quelques maisons, sans doutes, des couples font l’amour. Jeune ou vieux, ils s’aiment et le vivent en cette nuit d’été propice au désir. Pourquoi propice au désir ? Elle n’en sais rien, simplement parce que la nuit est belle, que des milliers d’étoiles brillent dans le ciel et que tout à coup, elle se sens tellement bien qu'elle se dit que la ville entière, la terre entière doivent partager ce calme intérieur.

Il fait bon écouter le silence, ce soir, et se retrouver l’espace d’un instant. Juste elle, le calme et les étoiles, comme lorsqu'elle étais plus jeune, et que la veille des examens, incapable de trouver le sommeil, elle sortait par la fenêtre de sa chambre, s’asseoir sur le toit, et regarder le ciel…

And I’m feeling good

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, à 00:56 dans la rubrique "Nouvelles" - Mise à jour : Vendredi 3 Septembre 2004, 02:10.

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Mardi (10/08/04)

Nouv 3 : Pour l'amour d'un enfant

Aéroport de Newark.. Le taxi vient de la déposer le long du trottoir et s’enfuit dans le tumulte des véhicules qui gravitent autour des satellites ; elle le regarde disparaître au loin. Son énorme baluchon vert déposé à ses pieds pèse presque plus lourd qu’elle 

Elle le soulève malgré le mal de dos et serre les dents en silence. Elle ne peut pas faiblir, pas maintenant. Elle passe les grandes portes vitrées et pénètre dans l’immense bâtiment. Sans hésiter, sans même regarder où elle va, le regard perdu dans le vide, elle tourne à droite. Elle marche doucement. Rien ne laisse deviner l’état de nervosité dans lequel elle se trouve. Rien, sauf les quelques gouttes de sueur qui perlent sur son front.

Malgré le poids du sac qui lui fait de plus en plus mal, elle continue sans s’arrêter, toujours droit devant elle. Il fait chaud

Tout à coup, elle se retourne vivement. Il est là, c’est certain. Elle a reconnu son odeur. Cette odeur âcre de tabac refroidi et d’eau de toilette bon marché. Pourtant, derrière elle, il n’y a personne. Juste une petite fille aux couettes blondes qui joue, assise dans un coin. Elle attend certainement sa maman qui prend les tickets d’embarquement.

Susanne ne peut s’empêcher de sourire à la vue de cette petite fille, qui semble si heureuse, assise à même le sol dans un aéroport. Ca la réconforte, ce bonheur autour d’elle. Non, le monde n’a pas cessé de tourner. Tout va bien. 

-          Mademoiselle ? 

Suzanne a un mouvement de recul. Elle en est certaine, ils l’ont retrouvée. Elle pense à fuir sans même se retourner vers cette homme. A quoi bon se retourner, ce serait se jeter droit dans la gueule du loup. Son regard retombe sur cette petite fille. Elle lui sourit et Suzanne lui rend son sourire. Sa main se pose doucement sur l’automatique, bien au chaud dans la poche de son jean. Elle se retourne, prête à tirer si cela s’avérait nécessaire. Elle a déjà tué, elle peut recommencer, elle s’y sent prête. 

        Bonjour mademoiselle. Excusez-moi de vous déranger, mais je cherche la porte d’embarquement A57. Je ne suis pas d’ici, c’est la première fois que je mets les pieds dans un aéroport de cette envergure et je suis totalement perdu. Je vous suivais, tout à l’heure, vous aviez l’air de connaître les allées comme votre poche. Je me suis dit que vous pourriez peut-être m’aider. 

Suzanne respire enfin. Ainsi donc ce n’était qu’un simple voyageur égaré. Elle rit de bon cœur devant sa paranoïa. Le jeune homme la fixe, hébété. 

-          Je ne pensais pas vous faire rire à ce point.

-          Excusez-moi, ce n’est pas vous. Je viens de me souvenir de quelque chose d’horriblement drôle. Ca n’a rien à voir avec vous. La porte A57, c’est ça 

Un hochement de tête lui donne raison

-          Et bien, vous allez dans cette direction puis vous… 

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase qu’un ‘Police, on ne bouge plus’ retentit dans l’aéroport. Suzanne reste figée une seconde à peine, avant de reprendre ses esprits. Elle attrape le pistolet dans sa poche, empoigne le jeune homme par le cou et s’en sert comme bouclier entre elle et le sergent Wilson. 

-          Lâchez-le, Suzanne. Tout est fini, maintenant. Vous ne pouvez pas fuir, la police encercle tout le bâtiment. Rendez-vous, cela jouera en votre faveur au procès.

-          Jamais. Plutôt crever que d’aller  en prison.

-          C’est suicidaire, Suzanne, et vous le savez. Allons, posez cette arme par terre, et tout ira bien.

-          Putain, vous allez la fermer. Comment pouvez-vous me dire que tout ira bien alors que je viens de tuer mon mari.

-          C’était de la légitime défense. Je le sais, et vous le savez aussi. C’était lui ou vous.

-          Non, c’est faux. Il… 

Les larmes coulaient maintenant le long des joues de Suzanne. Dans sa tête, les image de la scène ne cessaient de défiler. C’était comme un film qui repassait en boucle depuis quelques heures : 

Elle lui avait montré les photos. Celles où il était nu avec cette femme, cette Mary, surtout. Et toutes les autres aussi. Toutes ces femmes avec qui il buvait un verre, avec qui il déjeunait où qu’il embrassait passionnément dans la rue, devant les yeux de tous. Comment avait-elle pu ne jamais s’en rendre compte ? Comment avait-elle pu être aussi aveugle jusqu’à aujourd’hui. Il avait d’abord essayé de nier, il disait que ce n’était pas ce qu’elle croyait, qu’il allait tout lui expliquer. Le baratin classique, connu de toutes les femmes pour être la preuve même de la culpabilité. Elle, elle s’était contentée de ricaner. Elle avait réussi à rire entre deux sanglots. Elle avait jeté les photos par terre et s’était retournée pour prendre son sac, déjà prêt près de la porte. ‘Si tu pars, je te tue’ . Il avait hurlé si fort que maintenant encore le son de sa voix résonnait au fond de ses oreilles. Elle n’y avait pas cru, avait pris son sac sur le dos et s’était retournée sans sourciller. ‘Et bien tue moi, alors’. C’est à ce moment là qu’il s’était jeté sur elle en criant qu’elle ne partirait pas, qu’il ne la laisserait pas partir, qu’il préférait la voir morte que dans les bras d’un autre. Il avait frappé de toutes ses forces, encore et encore, sur ses bras, son dos, son ventre, ses seins, et même sur son visage. Il avait frappé sans arrêter pendant qu’elle se débattait, que ses mains cherchaient un appui, quelque chose, n’importe quoi pourvu qu’elle puisse lui échapper. Il allait la tuer, elle en était sûre maintenant. Il avait bu et son haleine sentait le whisky à plein nez quand il s’est penché sur elle pour lui murmurer encore une fois ‘jamais tu ne me quitteras’. Sa main a touché le vase, sur la table basse. Elle s’est tortillée pour l’attraper et, quand enfin elle a pu le prendre, lui a éclaté sur la tête. Il est tombé, sans connaissance. Du sang coulait de l’arrière de son crâne. Elle l’a d’abord repoussé pour se dégager puis, quand elle a vu tout ce sang, ce fut la peur. Elle aurait sans doutes appelé une ambulance si il n’avait pas ouvert les yeux à ce moment là. Elle est restée un moment sans réaction pendant qu’il passait la main sur sa plaie ouverte. Quand il a vu le  sang, lui aussi, il est entré dans une rage folle. Il l’a regardé droit dans les yeux et a murmuré ‘J’aurais ta peau, salope’. Elle a juste eu le temps de courir dans la chambre et d’attraper l’automatique, caché au fond de la table de nuit, avant qu’il n’entre et ne se dirige vers elle, un morceau de verre pointu à la main. Ce qui restait du vase…

Elle a tiré alors qu’il n’était plus qu’à quelques pas d’elle. Une fois, deux fois. Trois balles, en pleine poitrine. La surprise lui a fait lâcher le revolver et elle est tombée à genoux, la tête dans les mains. Elle était encore là, agenouillée, une heure plus tard, quand la sonnerie du téléphone a retenti. C’est ça qui l’a réveillée de sa paralysie, sans doutes. Elle a appelé une ambulance, juste au cas où, a laissé un message à sa mère pour lui dire de passer prendre la petite à l’école, a pris son sac et elle a filé jusqu’à l’aéroport.


Réflexe idiot, sans aucun doute. Bien sûr, quand les ambulanciers ont prévenu la police du meurtre, c’est là que les policiers se sont rendus en premier. L’aéroport. Elle n’avait pas pris la peine de se déguiser et quelques gouttes de sang coagulé tâchaient encore son pull. Son œil gauche, caché sous d’épaisses paires de lunettes noires, était bleu, virant au violet, et tout son corps lui faisait affreusement mal.

Aéroport de Newark.. Le taxi vient de la déposer le long du trottoir et s’enfuit dans le tumulte des véhicules qui gravitent autour des satellites ; elle le regarde disparaître au loin. Son énorme baluchon vert déposé à ses pieds pèse presque plus lourd qu’elle

-          Lâchez cette arme, Suzanne, je vous en supplie.

-          Jamais

Wilson a parlé quelques secondes dans son talkie-walkie. Susanne n’entendait pas ce qu’il disait. Elle ne voulait pas entendre, de toutes façons. Elle voulait juste fuir. Son père s’était suicidé en prison quand elle n’avait que 4 ans, et elle ne voulait pas finir comme lui. Elle n’irait pas en prison. Jamais. 

Doucement, elle reculait vers la sortie, le jeune homme toujours coincé contre elle ; entre elle et les armes des policier, son arme à elle toujours pointée sur lui. Elle reculait toujours quand retentit une voix qui lui était familière

-          Maman… 

Les larmes coulèrent le long de ses joues alors qu’elle voyait sa petite fille, la main dans celle du sergent.. 

-          Je t’en prie, maman, me laisse pas. 

7 ans, elle n’avait que 7 ans. Mon dieu ce qu’elle était belle, avec ses petites joues toutes roses. Susanne resta un long moment sans bouger, le regard fixé sur sa petite fille, tout l’amour du monde dans les yeux et les joues barbouillées de larmes 

-          Lisa, sors d’ici, je t’en prie.

-          Non, maman. Le policier il a dit que si tu partais je te reverrais plus jamais. Me laisse pas, maman. Je t’aime… 

Les larmes ruisselaient sur le visage de la petite presque autant que sur celui de sa maman. Suzanne se laissa tomber à genoux, et accueilli son petit ange dans ses bras. C’était sans doutes la dernière fois qu’elle pourrait l’embrasser avant un long, très long moment. 

Quelques minutes plus tard, le sergent Wilson posa une main sur son épaule. ‘Il faut y aller maintenant’. Elle serra une dernière fois Lisa contre elle, enfoui sa tête dans ses cheveux pour s’imprégner de l’odeur de son enfant, et lui fit signe de rejoindre sa grand-mère…

- Pas les menottes, s’il vous plaît. Pas devant Lisa…

Bubblegum

 

Ecrit par BubbleGum, à 11:12 dans la rubrique "Nouvelles" - Mise à jour : Jeudi 19 Août 2004, 16:00.

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Mardi (03/08/04)

Nouv. 2 : Juste un baiser sur tes lèvres

3 mois de bonheur partagé. Des souvenirs en désordre dans ma tête et dans mon coeur, et cette douleur au creux du ventre quand j'en parle. Notre amour, c'était la nudité des corps dans le silence ou dans un cri. Un amour passion. Vivre d'amour, d'eau fraîche et de Marlbore light pendant des mois entiers, et croire que ça suffira. Mais ça ne suffit pas. Jamais. Nos discussions nocturnes sur le passé. Jamais il n'était question de futur. Le futur, nous le construisions au présent, au creux de nos draps, la tête sur l'oreiller et nos deux corps qui ne faisaient plus qu'un. C'était ça, notre futur. L'exacte réplique de notre présent, nous ne pensions pas plus loin que ça.

Nos chansons, quelques accords de piano, nos jambes enlassées sur le lit défait, les vêtements éparpillés par terre dans tout l'appartement, témoin silencieux de notre désir. Notre fièvre mutuelle lorsque nos deux corps se touchaient, la brûlure de ta peau sur la mienne, de tes lèvres sur les miennes, ta voix dans l'obscurité qui me rend folle, tes yeux, mes ongles sur ta peau, la douceur de tes mains quand je m'endors dans tes bras, nos jeux, mes dérobades, bercés par la musique. Allumer une cigarette et ne rien désirer d'autre que ça. Toi et moi. Et un paquet de Marlboro light que nous fumions à deux. Nous étions heureux. Noyer mon regard dans tes yeux, offrir mon cou à tes baisers, mon corps à ta passion, et s'endormir,épuisés, côte à côté, dans la douce obscurité de l'appartement.

Ton corps étendu prés du mien, dont le seul contact me brûle la peau et l'ame. Je n'ai peur de rien quand je suis dans tes bras. Je fais de mon souffle l'écho des battements de ton coeur, et je te regarde dormir. Tes paupières closes, tes longs cils et ta joue mal rasée. Cette moue boudeuse d'enfant gâté que tu as en dormant,et ce petit sourire que tu esquisse parfois, quand tu rêves de moi, déchainent en moi des passions disproportionnées.

Moi qui fuyais l'amour, qui lui préférais l'envie, le désir et les passions d'un soir, je me retrouve aujourd'hui allongée sur le dos, à regarder les étoiles en pensant à toi, ma moitié, mon autre moi dans un autre corps. Tu dors, à côté de moi, et j'essaie de me persuader que tout sera toujours comme à cet instant précis, comme dans un film, quand au ralenti, on montre le baiser passionné des deux acteurs. Tu es ma seule planche de salut, mon seule garde fou contre la vie facile que je connaissais avant toi, et dont le cri résonne aujourd'hui dans mon coeur, plus fort encore qu'avant, et à ce moment là, je sais qu'un jour je te quitterai pour retrouver mon errance, de boite de nuit en boite de nuit, je sais qu'un jour, cet amour ne sera plus assez fort face au vice. A l'attait de la vie décadente de petite fille trop riche, trop gâtée.

Je me lève sans bruit et rassemble les quelques affaires qui traînent dans ton appartement. Je hais cette vie que je m'en vais rejoindre, mais je sais que si tu restes avec moi, tu resteras avec moi au bord du précipice, dans ce monde sournois où les soirées ne se terminent jamais avant que le soleil ne soit levé, où la coke tourne à plein régime et où l'amour n'a pas sa place. Tu perdrais bien vite cette fragilité que j'aime tant en toi, pour te retrouver les yeux hagards, le nez dans la poudre et la bouche accrochée au goulot d'une bouteille de vodka. Tu finirais comme tant d'autres. Et je ne veux pas que tu finisses comme moi.

Je me retourne, pose mes yeux une dernière fois sur la courbure de tes reins, les laisse glisser le long de ta peau bronzée et caresse mentalement tes cheveux. Avant de partir, je dépose juste un baiser sur tes lèvres...

Bubblegum (L.P)

Ecrit par BubbleGum, à 16:01 dans la rubrique "Nouvelles" - Mise à jour : Vendredi 13 Août 2004, 14:49.

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Samedi (31/07/04)

Nouv. 1 : J'avais sept ans quand j'ai tué ma mère

Toute ma vie, je me souviendrais de ce jour. Je reverrais sans cesse, dans le moindre de mes rêves, l'expression de son visage, quand le couteau a traversé sa peau. Ce n'est pas tant la peur qu'on pouvait lire dans ses yeux qui me revient, mais plutôt cette douceur, cette tendresse qu'elle avait en me regardant, avant de laisser ses paupières closes à jamais. J'étais encore un enfant à cette époque. Un gamin de sept ans qui ne comprend encore rien à la mort mais qui déjà, pourtant, a tué. Il devait être huit heures environ. Je me souviens avoir entendu des cris provenant de la cuisine. Une dispute. Dans le noir obscur de ma chambre, ces cris semblaient tellement irréels que j'ai mis quelques minutes avant de comprendre que j'étais bien éveillé, et que c'était ma mère qui hurlait. Il y avait une autre voix aussi. Celle d'un homme. J'ai écouté pendant de longues minutes, essayant de me souvenir où j'avais déjà entendu cette voix, d'y mettre un visage, mais sans succès. J'écoutais les phrases qui me parvenaient par brides, et dont je ne me souviens plus aujourd'hui. Seule la rage qu'on pouvait déceler dans la voix de ma mère, et le dégout aussi, et la tristesse dans celle de l'autre. Tristesse qui s'est vite transformée en une colère plus forte encore que celle de maman. Je ne sais pas encore aujourd'hui si c'est la peur de rester seul dans le noir, tout à coup, ou le sentiment de devoir, malgré mon jeune age, protéger ma mère qui m'ont poussé à me lever, mais j'ai mis mes pantoufles et entrouvert doucement la porte de la chambre. Ils étaient dans la cuisine. La conversation me parvenait clairement maintenant. Il lui demandeait de rester, il ne comprenait pas comment elle pouvait lui faire ça et, je m'en souviendrais toujours, il lui a dit qu'elle lui avait promis de nous quitter pour lui, papa et moi. J'ai senti mes jambes trembler rien qu'à l'idée que ma mère, cette femme si belle et douce, ma mère pour qui j'avais un amour plus fort que tout le reste au monde, avait pu penser à me quitter pour toujours. Et quand elle a juré que c'était faux, que jamais elle ne pourrait vivre sans moi, j'ai enfin pu respirer. Je me suis senti tellement stupide d'avoir cru que ce pouvait être vrai. Cet homme était un menteur, il racontait des horreurs dont je ne pouvais imaginer un seul instant qu'elles soient réelles. Il mentait et, tout à coup, j'ai ressenti autant de colère contre cette inconnu que ma mère semblait en avoir et, rouge de rage, j'ai couru jusqu'à la cuisine. Juste à temps pour la voir le gifler violemment. Il a fait un pas en arrière, sous le choc. Comment peux-tu faire ça? Tu m'as dit tellement de fois que tu m'aimais, que tu aimais ma douceur, ma gentillesse. Tu m'as dit que jamais tu n'avais connu quelqu'un de pareil, que tu voulais faire ma vie avec moi et moi, je t'ai cru. J'ai quitté tous ceux que j'aimais pour toi. Il était blême mais ce que j'ai pris pour du désespoir était en fait de la colère. Je ne l'ai compris que trop tard, sans doutes, sinon j'aurais pu faire quelque chose, j'aurais pu éviter ça, la sauver. Il l'a poussée contre l'évier, avec une telle violence que je n'ai même pas pu esquisser un seul geste vers elle. Cet homme me faisait peur, trop peur. Maman a réussi à attraper un couteau dans le tiroir, et l'a pointé vers lui. La vue de cette arme, de cette scène comme on n'en voit que dans les films, m'a tétanisé, et ce n'est que quand il l'a balayé d'un revers de la main que j'ai compris que c'était vraiment grave. Le couteau a glissé sur le sol, pour s'arrêter juste à mes pieds. Sans réfléchir, je l'ai ramassé. Dans ma tête, dans mon coeur, je voulais la protéger, je voulais qu'il arrête, qu'il la laisse tranquille. Alors j'ai pointé le couteau vers eux, et j'ai hurlé de la lâcher. Quand il l'a poussé vers moi et que j'ai senti la lame du couteau lui transpercer le corps, je ne sais plus si ce sont ses cris ou les miens qui ont raisonné dans toute la maison, mais ces cris, je les entends encore aujourd'hui, chaque nuit.
Il a tué ma mère. Moi aussi, j'ai tué ma mère.

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, à 23:46 dans la rubrique "Nouvelles" - Mise à jour : Vendredi 13 Août 2004, 14:38.

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Vendredi (30/07/04)

Il courait...

Il courait, comme tant d'autres, protégé de la pluie par son anorak noir. Il courait, et ses pas dans la pluie résonnaient dans la ruelle sombre qu'il empruntant. Son ombre le faisait grimacer chaque fois qu'il passait sous un réverbère, et la pluie rendaient invisibles les larmes qui coulaient le long de ses joues. Il aurait pu courir les yeux fermés tellement il connaissait le quartier par coeur. Il y était venu tellement souvant, elle accrochée à son bras, les yeux dans les yeux. Sous la pluie, ses yeux avaient la même lueur que les goutelettes quand elles passaient à travers le faisceau lumineux de la lune, et lui donnaient cet air coquin qu'il aimait tant. Maintenant, ses pieds foulaient le sol à l'endroit même où ils avaient échangé leur premier baiser, et, tandis que les guirlandes de Noël clignotaient, promesse d'un joyeux réconfort, il savait que son réconfort à lui ne viendrait pas, pas plus que le futur bonheur qu'on est en droit d'espérer à Noêl. Sa vie à lui était finie, et il ne lui restait plus qu'à vivre dans le passé. Dans leur passé. De temps en temps, il croisait d'autres joggeurs qui lui faisaient de petits signes amicaux de la main. Il leur répondait, un semblant de sourire aux lèvres, mais il savait bien qu'il n'avait rien en commun avec eux. Eux ne pensaient qu'à surveiller leur rythme cardiaque. Ils pensaient à leur enfants qui les attendaient chez eux, à leurs futures vacances ou au dîner que leur chère et tendre femme était sans doutes en train de préparer.



Lui il courait, comme tous les autres, mais son esprit tournait en rond, obsédé par des évènements passés, tragiques. Des plaies qui ne se cicatrisaient pas et qui, il le savait, ne guérirait jamais, parce qu'elle était la seule capable de lui rendre le sourire. Une femme aux longs cheveux blonds le dépassa, le visage dissimulé dans l'ombre de la rue, et il sentit son coeur s'emballer et un frisson lui parcourir tout le corps, comme toujours dans ces cas là; lorsqu'il croyait apercevoir sa silhouette au détour d'un carrefour. Il en rêvait souvent, la nuit. Il imaginait qu'il marchait dans une avenue large et éclairée de mille feux. Il pleurait quand soudain, entre ses larmes, il l'apercevait. Il courait alors vers elle et la prenait dans ses bras, l'embrassait. Elle lui rendait ses baisers avec la même passion que lorsqu'ils n'étaient encore que de jeunes amants, et ils faisaient l'amour toute la nuit, comme pour s'imprégner des odeurs de l'autre trop longtemps oubliées. Puis le matin, quand il se réveillait, elle n'était plus là. Des larmes perlaient, dans son sommeil, au coin de ses paupières closes, lorsqu'il courait partout dans la maison à sa recherche. Elle avait disparu, l'avait laissé seul encore une fois. Il se réveillait enfin lorsque le soleil lui brulait les yeux à travers les volets, la journée déjà bien avancée. Elle lui préparait son café tous les matins, avant de venir se blottir contre lui pour le réveiller. Jusqu'au jour où on la lui a enlevée...

Il courait, comme tous les autres, mais lui seul portait ce fardeau ; Un passé trop beau pour pouvoir encore avoir des espoirs pour l'avenir, et un amour toujours aussi fort malgré les années. Elle était morte...

Ecrit par BubbleGum, à 16:28 dans la rubrique "Nouvelles" - Mise à jour : Vendredi 3 Septembre 2004, 02:11.

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